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Seiko et le Motocompo : le scooter qui tenait dans un coffre
L'essentiel
Seiko célèbre les 45 ans du Honda Motocompo avec une Seiko 5 Sports limitée à 8 000 pièces numérotées. Cadran jaune barré de noir, logo Honda à 9 heures, lettrage « AUTOMATIC » repris du scooter. Sous le cadran, le calibre automatique 4R36 et ses 24 rubis, environ 41 heures de réserve, le jour et la date à 3 heures. Boîtier acier noir de 36,4 mm, verre Hardlex bombé, étanchéité 10 bar. Le fond vissé transparent porte la silhouette du scooter et un numéro de série individuel, et la montre est livrée dans un coffret qui imite son carton d'expédition d'origine.

Quarante-deux kilos dans un coffre de citadine
En 1981, Honda commercialise un engin qui ne ressemble à rien de ce qui roule alors : un scooter pliant de 49 cm³ et 42 kg à sec, conçu pour voyager dans le coffre d'une citadine. Guidon, selle et repose-pieds se rabattent dans une caisse plastique rectangulaire. On sort de sa voiture, on déplie, on fait les derniers kilomètres à trente à l'heure. Son nom : Motocompo.
L'idée était en avance, le marché n'a pas suivi. Honda tablait sur 10 000 ventes mensuelles ; il s'en est écoulé 53 369 en trois ans, jusqu'à l'arrêt de la production en 1983. Un échec industriel, devenu depuis un objet de collection. Quarante-cinq ans plus tard, Seiko lui consacre une montre qui en reprend les repères un par un.
Une citation, détail par détail
Le jaune occupe tout le cadran, coupé en deux par une bande noire horizontale où se détache le logo Honda, à 9 heures. C'est la livrée du scooter, reprise telle quelle. Au-dessus de 6 heures, le mot « AUTOMATIC » emprunte la typographie du logo d'origine, avec sa trame de points caractéristique.
Les emprunts continuent là où on ne les attend pas. Sur la couronne, un mot est gravé : TURN, inspiré du robinet de carburant du scooter. Le bracelet en nylon gris porte les mentions « Insertion Point » et « Carrying Point », qui désignaient les points d'ancrage immobilisant le scooter dans le coffre ; des rectangles blancs les accompagnent, ponctués d'un carré rouge. Au dos, le fond transparent est gravé de la silhouette du Motocompo.
Pour qui n'a jamais croisé l'engin, ce sont des détails graphiques agréables. Pour qui en connaît un, ce sont des citations exactes, et c'est ce qui sépare cette montre d'un cadran coloré portant un logo sous licence.

Ce qu'il y a sous le cadran jaune
Le 4R36 anime la majorité des Seiko 5 Sports. Il compte 24 rubis, tient environ 41 heures une fois reposé et affiche le jour et la date dans un guichet à 3 heures. Sa tolérance annoncée va de -35 à +45 secondes par jour, mesurée entre 5 et 35 °C au poignet. Ce sont des chiffres d'entrée de gamme mécanique, et ils se lisent pour ce qu'ils sont : le 4R36 vise la fiabilité et la réparabilité sur des décennies.
Deux fonctions méritent mieux qu'une ligne de spécification. L'arrêt de seconde immobilise la trotteuse quand on tire la couronne, ce qui permet de caler l'heure à la seconde près sur la référence de son choix, un téléphone par exemple. Aucune liaison radio là-dedans. Le remontage manuel, lui, relance la montre après quelques jours d'immobilité sans avoir à la secouer.
Le verre est un Hardlex bombé, un minéral durci propriétaire. Seiko le donne plus résistant aux chocs qu'un verre minéral standard, ce qui est vrai, et il se raye plus facilement qu'un saphir, ce qui l'est tout autant. C'est le compromis assumé de la gamme. Les 10 bar annoncés correspondent à une pression de test en laboratoire. Ils couvrent la baignade et les sports nautiques de surface ; la plongée demande une autre montre.
Trente-six millimètres et des poussières
Le boîtier mesure 36,4 mm de diamètre pour 12,5 mm d'épaisseur et 44,4 mm d'une corne à l'autre. C'est un format compact, très loin des 41 mm des Seiko 5 Sports Field Series sorties plus tôt dans l'année : deux boîtiers différents, à ne pas confondre.
Ce sont les proportions des montres japonaises des années 1970 et 1980, contemporaines du scooter. Sur un poignet habitué aux plongeuses modernes, c'est petit. Sur un poignet fin, ou pour qui aime les formats d'époque, c'est juste. Le boîtier est en acier noir, protégé par un revêtement anti-éraflure, et ce noir joue son rôle : il efface le boîtier au profit du cadran.
Huit mille, et le compte s'arrête là
La série est limitée à 8 000 exemplaires, chacun portant son numéro au dos. Le coffret prolonge le jeu : il reprend le carton ondulé dans lequel le Motocompo était expédié, ce qui en fait l'un des rares emballages qu'on ait envie de garder.
Seiko a déjà traité une série limitée comme un objet à part entière, au-delà de la seule variation de cadran. Nous avions vu la même intention sur la Prospex 1965 en édition limitée européenne, avec une exécution tout autre. Le point commun tient au tirage : passé l'épuisement, une édition limitée ne se retrouve plus qu'en seconde main.
Vos questions sur la Seiko Motocompo
Quelle taille fait vraiment la HDB010K1 ?
Elle mesure 36,4 mm de diamètre pour 44,4 mm de corne à corne et 12,5 mm d'épaisseur, ce qui la range parmi les formats compacts : elle passe sous une manche et convient aux poignets fins comme aux amateurs de proportions vintage.
Peut-on nager avec ?
La baignade et les sports nautiques de surface ne posent pas de difficulté avec ses 10 bar, une valeur qui exprime une pression de test en laboratoire ; pour la plongée, il faut se tourner vers une Prospex.
Le verre Hardlex se raye-t-il facilement ?
Il résiste mieux aux chocs qu'un verre minéral standard, ce que Seiko revendique, mais il marque plus vite qu'un saphir : c'est le compromis de la gamme 5 Sports, à connaître avant l'achat plutôt qu'après.
Combien de temps tient-elle sans être portée ?
Environ 41 heures, ce qui couvre une nuit sur la table de chevet sans remise à l'heure, mais pas un week-end entier sans la porter.
Chaque montre est-elle numérotée ?
Chaque exemplaire porte son propre numéro gravé au dos, sur les 8 000 que compte la série, aux côtés de la silhouette du scooter.
Faut-il connaître le Motocompo pour l'apprécier ?
Non, elle reste une automatique bien construite au cadran inhabituel, mais une partie de son intérêt tient à ce qu'elle raconte : sans cette histoire, autant regarder le reste de la ligne.
L'avis de Daniel Gérard
Nous la conseillons à qui connaît la Motocompo, ou à qui aime les objets japonais des années 1980. C'est une montre qui s'achète pour ce qu'elle raconte, et il faut le dire franchement : elle partage son calibre 4R36 avec le reste de la gamme, et c'est sa mémoire qui fait la différence. Si vous cherchez la discrétion, un cadran jaune barré de noir se voit à trois mètres et ne se fond dans aucune tenue formelle.
Pour le reste, le nylon et le boîtier compact la rangent du côté décontracté, celui du jean et du week-end. Vous la retrouvez sur sa fiche Seiko 5 Sports Motocompo HDB010K1. Si le jaune vous arrête mais que la ligne vous intéresse, le reste des montres Seiko pour homme de notre catalogue offre des entrées plus sobres. Revendeur officiel Seiko, nous nous chargeons de l'envoi à l'atelier officiel et du suivi si votre montre a besoin d'une révision.