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Seiko Prospex 1965, le vert de l'eau calme Daniel Gérard

Seiko Prospex 1965, le vert de l'eau calme

Il y a des verts qui imitent l'eau. Celui-ci porte son nom. Seiko a baptisé cette teinte « Calmwater Green », le vert de l'eau calme, et elle tient sa promesse d'une drôle de manière : elle change de densité quand le poignet tourne, comme une surface que le vent viendrait de quitter.

Sous ce cadran, une édition limitée à 1 400 exemplaires réservée à l'Europe, descendue en droite ligne de la première montre de plongée japonaise. Celle de 1965 tenait 150 mètres. Celle-ci en tient 300.

Seiko Prospex 1965 HBC010J1 cadran vert soleillé lunette verte et index dorés 40 mm

L'essentiel

  • Une édition limitée à 1 400 exemplaires, réservée à l'Europe, dans la lignée de la plongeuse Seiko de 1965.
  • Cadran vert soleillé baptisé « Calmwater Green », index et aiguilles dorés, lunette verte.
  • 40 mm de diamètre, 13 mm d'épaisseur, 46,4 mm d'une corne à l'autre.
  • 300 mètres d'étanchéité, qualification plongeur.
  • Calibre 6R55 automatique à remontage manuel, 72 heures de réserve de marche.
  • Mention LIMITED EDITION gravée au fond de boîte.

De 150 à 300 mètres, deux ans d'écart

En 1965, Seiko signe la première montre de plongée japonaise : automatique, étanche à 150 mètres. Elle ne reste pas en vitrine. La marque rappelle qu'elle a accompagné les membres de l'expédition antarctique japonaise à quatre reprises à partir de 1966, des aventuriers traversant l'Arctique, des alpinistes au sommet de l'Everest.

Les 300 mètres arrivent deux ans plus tard, en 1967, sur la première plongeuse japonaise à les atteindre. Ce modèle adopte un boîtier taillé d'une seule pièce, fond intégré à la carrure, et un verre Hardlex. La marque revendique ensuite deux premières mondiales : le boîtier titane en 1975, sur une plongeuse étanche à 600 mètres, puis la carrure extérieure céramique en 1986, à 1 000 mètres.

La Prospex 1965 HBC010J1 hérite de la silhouette de la première et de la profondeur de la seconde. Les collectionneurs, eux, désignent la plongeuse de 1965 par le surnom de 62MAS. Le terme appartient au vocabulaire des collectionneurs. Seiko, de son côté, s'en tient à « Prospex 1965 ».

Ce qui rend 300 mètres tenables

La mention « DIVER'S 300m » sur un cadran est une qualification technique. Elle engage un ensemble d'organes qui travaillent ensemble : une couronne qui se visse, un fond qui se visse, un verre qui encaisse, une lunette qui ne tourne que dans un sens. Retirez-en un et le chiffre perd son sens.

L'acier reçoit un revêtement Super Hard, un durcissement de surface breveté par Seiko, appliqué là où une plongeuse s'use vraiment : les flancs, les cornes, les arêtes qui frottent contre une combinaison ou un rebord de bateau. Le verre est un saphir bombé, traité antireflet sur sa face interne. La courbe reprend la géométrie des plongeuses des années soixante, quand l'acrylique imposait cette forme. Traiter la face interne préserve la dureté de la surface exposée.

Le calibre 6R55 est un automatique à 24 rubis que l'on peut aussi remonter à la main. Sa réserve atteint 72 heures : posez la montre le vendredi soir, elle marche encore le lundi matin. Seiko annonce une marche comprise entre -15 et +25 secondes par jour, mesurée dans ses conditions d'essai. C'est la tolérance d'un mouvement de série, et la marque n'en revendique pas d'autre. La seconde s'arrête quand on tire la couronne, ce qui met la montre à l'heure au signal horaire près.

Ce que la lunette raconte au plongeur

Une lunette de plongée sert à lire un temps écoulé. On aligne le zéro sur l'aiguille des minutes au moment de descendre, et l'échelle indique ensuite le temps de plongée écoulé. Si elle tournait dans les deux sens, un choc contre une paroi ou un bloc pourrait la déplacer dans n'importe quelle direction. Unidirectionnelle, elle ne peut tourner que dans le sens qui allonge le temps de plongée écoulé : l'erreur possible pousse à remonter plus tôt, jamais plus tard.

Le LumiBrite suit la même logique. Beaucoup de plongeuses éclairent les aiguilles et les index en laissant la lunette dans le noir, et l'on se retrouve à lire l'heure sans pouvoir lire le temps écoulé. Ici, la matière luminescente couvre les aiguilles, les index et la lunette.

Le reste tient au geste. La couronne se visse contre le boîtier, où elle ne peut pas s'ouvrir par mégarde. Le fermoir déployant reçoit un réglage à glissière : la longueur se reprend au poignet, sans outil, quand une combinaison humide ou la chaleur font gonfler le bras. Quant aux 300 mètres, ils dimensionnent une marge. La plongée loisir se pratique bien plus haut et n'approche jamais cette limite, ce qui en fait tout l'intérêt. Qui cherche un instrument de saturation regardera plutôt les lignées titane et céramique que Seiko construit depuis 1975 et 1986. Pour rester sur les 300 mètres avec une pièce disponible aujourd'hui, la Prospex SPB519J1 GMT Diver's 300m tient le même cahier des charges avec un second fuseau, et le reste se parcourt dans les montres de plongée.

Quarante millimètres au poignet d'aujourd'hui

Quarante millimètres de diamètre, treize d'épaisseur, quarante-six virgule quatre d'une corne à l'autre. C'est cette dernière cote qu'on oublie et c'est elle qu'on sent : elle décide de l'assise sur un poignet fin bien avant le diamètre. La silhouette de 1965 tenait déjà dans ces proportions, boîtier ramassé et cornes tombantes, et personne n'a eu besoin de la retoucher depuis.

Les treize millimètres d'épaisseur, eux, se sentent sous une manche ajustée. C'est ce que coûtent un fond vissé et trois cents mètres d'étanchéité, et c'est un compromis que la plupart des plongeuses actuelles paient plus cher encore, en largeur. Le reste de la collection se parcourt du côté des Seiko Prospex, où cohabitent les automatiques de plongée et les chronographes solaires.

Vos questions sur la Prospex 1965

Peut-on vraiment plonger avec cette montre ?

Elle porte la qualification plongeur à 300 mètres, la mention la plus exigeante que Seiko applique à cette lignée.

Faut-il la remonter tous les jours ?

Non. Le calibre 6R55 offre 72 heures de réserve de marche, soit trois jours complets, et il accepte aussi le remontage manuel si la montre est restée immobile trop longtemps.

Le cadran est-il dégradé ?

Non, il est soleillé. Le brossage part du centre en rayons, ce qui fait varier la densité du vert selon l'angle et donne souvent, en photo, l'illusion d'un dégradé.

Qu'est-ce que le 62MAS ?

C'est le surnom que les collectionneurs donnent à la plongeuse Seiko de 1965, la première fabriquée au Japon. Il s'est imposé dans le milieu pour désigner cette silhouette et sa descendance. Seiko, dans sa communication, s'en tient à « Prospex 1965 ».

Combien d'exemplaires seront produits ?

Mille quatre cents, pour l'Europe uniquement, avec la mention LIMITED EDITION gravée au fond de boîte.

L'avis de Daniel Gérard

Une vraie plongeuse de 300 mètres en 40 mm est devenue rare, et c'est ce qui nous a retenus ici bien avant la couleur. Le vert et l'or forment un accord que la plongeuse s'autorise rarement, et qui la sort du registre purement utilitaire sans lui enlever ses moyens. Nous la conseillons à qui veut un instrument sérieux dans un format qui reste discret sous une manche. Ceux qui portent large la trouveront peut-être menue.

Chez Daniel Gérard, revendeur officiel Seiko, nous nous chargeons de l'envoi à l'atelier officiel de la marque et du suivi du SAV. Nos équipes de Thionville répondent aussi aux questions de réglage et de mise à taille, en boutique comme au téléphone.

Mille quatre cents personnes en Europe porteront ces 300 mètres. La plupart ne dépasseront jamais la profondeur d'une piscine. Une marge, ça se porte.

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