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La BR-X5 met un cadran de météorite au poignet
L'essentiel
Bell & Ross taille le cadran de sa BR-X5 dans une tranche de météorite Muonionalusta, une matière âgée d'environ 4,5 milliards d'années. La série s'arrête à 250 pièces. Le boîtier acier poli-satiné de 41 mm et le calibre manufacture BR-CAL.323, certifié chronomètre par le COSC et donné pour environ 70 heures de réserve de marche, ne bougent pas. Deux montages sont annoncés : bracelet acier intégré ou caoutchouc noir, boucle déployante dans les deux cas.

Une matière aussi vieille que le système solaire
La Muonionalusta est une météorite de fer. Son âge est estimé autour de 4,5 milliards d'années, soit à peu près celui du système solaire. Ce que Bell & Ross en fait tient en un geste : on la coupe, on la traite, et le motif de Widmanstätten apparaît. Un réseau de bandes croisées, irrégulier, né du refroidissement très lent du métal à l'intérieur du corps céleste dont ce fragment provient.

Aucune manufacture ne rejoue ce refroidissement, ce qui a une conséquence pratique : deux tranches ne donnent jamais le même dessin. Le cadran que vous portez n'existe pas ailleurs, et la série de 250 pièces compte donc 250 dessins.

Autre détail qui compte : la tranche est montée nue, sans support en laiton. Une fine couche de zapon mat vient ensuite stabiliser la surface et la protéger, sans en altérer l'aspect naturel. Selon l'incidence de la lumière, le gris vire au métal ou s'assombrit.
Lire l'heure sur une pierre
Un cadran veiné et irrégulier complique la lecture. C'est le problème que pose la météorite, et Bell & Ross le règle par le relief plutôt que par le contraste. Les index sont des appliques polies et rhodiées, garnies de Super-LumiNova blanc BGW9 de grade X1, dont l'émission vire au bleu dans le noir. Les aiguilles des heures et des minutes sont squelettées, rhodiées, remplies de la même matière.

Le reste de la lecture est confié à des repères qui ne dépendent pas du fond. Le réhaut satiné porte une graduation de 60 minutes en noir. Le guichet de date, large, occupe le 3 heures. En face, à 9 heures, un secteur affiche la réserve de marche restante. Trois informations, trois emplacements, aucun qui empiète sur les veines de la pierre.
Ce que la BR-X5 ne change pas
Le boîtier reste celui de la collection. Quarante et un millimètres de large, acier poli-satiné, et cette construction multicouche qui superpose les éléments en laissant voir une structure évidée. Les quatre vis d'angle tiennent l'ensemble autant qu'elles le signent. De face, la montre paraît simple. Le profil raconte autre chose.

Sous le cadran, le BR-CAL.323 est un calibre manufacture automatique, certifié chronomètre par le COSC. Sa réserve de marche approche 70 heures, ce qui couvre un week-end complet sans remise à l'heure. Le fond saphir laisse suivre la masse oscillante. Le verre est un saphir traité antireflet. L'étanchéité est testée à 100 mètres, et cette valeur mesure une résistance à la pression en laboratoire ; elle n'autorise aucune profondeur de plongée.

Acier ou caoutchouc
Sur la BR-X5 Météorite à bracelet acier, le bracelet est intégré : il repart du boîtier sans rupture de ligne, et son poli-satiné répond au gris minéral du cadran. Tout tient alors dans une seule gamme de tons, ce qui laisse la pierre au premier plan. C'est le montage le plus habillé des deux.

La version sur caoutchouc noir fait l'inverse. Le bracelet, creusé de larges nervures transversales, oppose son noir mat au gris du cadran au lieu de le prolonger, et le contraste y gagne. Il allège aussi la montre et passe mieux sous une manche. Les deux ferment sur une boucle déployante en acier poli-satiné, et les deux appartiennent à la même série de 250 pièces. Elles rejoignent le reste de la collection dans notre rayon BR-X5.

Vos questions
Deux BR-X5 Météorite peuvent-elles avoir le même cadran ?
Non. Le motif de Widmanstätten s'est formé pendant le refroidissement de la météorite, sur des durées que rien ne reproduit : chaque tranche découpée porte un dessin qui lui est propre. Sur les 250 pièces annoncées, aucune n'a le cadran d'une autre.
Un cadran en météorite est-il fragile ?
La météorite est un métal, protégé en usine par une fine couche de zapon mat qui stabilise la surface. Le cadran vit donc comme le reste de la montre, derrière un verre saphir, à l'abri d'un boîtier étanche à 100 mètres. Le réflexe à garder est le contrôle d'étanchéité périodique, celui que demande toute montre à couronne vissée.
Que vaut la réserve de marche du BR-CAL.323 ?
Environ 70 heures, affichées sur un secteur à 9 heures. En pratique, une montre posée le vendredi soir est encore à l'heure le lundi matin, et le secteur indique ce qu'il reste avant l'arrêt.
Quelle différence entre le montage acier et le montage caoutchouc ?
Le boîtier, le cadran et le calibre sont identiques. Le bracelet acier est intégré et prolonge la carrure dans la même finition poli-satiné, ce qui donne une allure plus habillée ; le caoutchouc noir nervuré allège la montre et fait davantage ressortir le gris du cadran. Les deux ferment sur une boucle déployante acier.
Notre avis
Le cadran en météorite est devenu courant en horlogerie, et il vaut la peine de dire pourquoi celui-ci nous retient. La tranche est montée nue, sans support en laiton, et la marque a construit toute la lecture du temps autour de l'irrégularité qu'elle assume. Les appliques, le réhaut gradué, le guichet large et le secteur de réserve font le travail que le fond ne peut pas faire. La rareté tient ici à la matière autant qu'au chiffre de 250.

Reste le format. Quarante et un millimètres de large et une carrure en couches, cela se voit au poignet, et l'acier intégré accentue la présence quand le caoutchouc la tempère. Nous sommes revendeur officiel Bell & Ross, et nous suivons la BR-X5 depuis ses premières séries : sur celle-ci, le choix du bracelet change davantage la montre que sur les autres déclinaisons de la collection.