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Un violet venu d'Edo : les éditions limitées des 145 ans de Seiko
À Edo, le violet sortait des cuves des teinturiers : l'étoffe y descendait claire, en remontait sombre, et la ville prisait cette teinte au point de lui laisser son nom, Edo murasaki. Tokyo a recouvert Edo, le nom de la couleur est resté. Seiko, née à Ginza en 1881, referme son année des 145 ans sur ce violet-là : après les accents d'or de février et le Seiko Blue de mai, la troisième vague vient d'être dévoilée, et ses huit déclinaisons violettes figurent désormais à notre catalogue d'éditions limitées Seiko, d'un quartz de 29,6 mm à un chronographe GPS-solaire en titane.
L'essentiel
- Seiko fête ses 145 ans en 2026 et clôt l'année sur des éditions limitées « violet d'Edo », dont le lancement est annoncé au Japon le 9 octobre 2026.
- Le violet d'Edo reprend une teinte de teinture prisée à Edo, l'actuelle Tokyo, à l'époque du même nom.
- Six modèles sont annoncés à l'échelle mondiale ; notre catalogue compte huit références violettes, dont deux déclinaisons boutique sans tirage communiqué.
- Tirages confirmés : 9 999 Seiko 5 Sports SKX, 8 000 Prospex Speedtimer, 7 000 Prospex Alpinist, 6 000 Presage Cocktail Time GMT, 4 000 digitale, 2 000 Astron GPS Solar.
- Fil commun : violet et touches dorées. Sur la digitale, le violet habille la lunette ; l'afficheur reste gris.
Une couleur venue des teinturiers d'Edo
L'année anniversaire s'est déroulée en trois actes : des accents dorés en février, que Seiko associe au succès et à la prospérité ; le « Seiko Blue » en mai ; le violet d'Edo pour octobre, dont la marque fait un pont entre les traditions de l'ancien Edo et le Tokyo d'aujourd'hui. Un détail relie le premier acte au dernier : les cadrans habillés du violet d'Edo se parent de finitions dorées.
La teinte se pose sur des montres qui n'ont rien en commun. Remontage automatique, recharge solaire, quartz habillé, affichage digital, synchronisation GPS : une seule couleur traverse cinq technologies, et cette étendue est le vrai sujet de la série. Que devient un même violet selon la montre qui le porte ?
Trois mécaniques, trois usages

L'Alpinist HBC006J1 (7 000 exemplaires) reste la montre de terrain du lot. Son calibre 6R55 offre 72 heures de réserve de marche : posée le vendredi soir, elle affiche encore l'heure juste le lundi matin. La seconde couronne, à 4 h, oriente une bague intérieure graduée en boussole, la signature de la lignée. Boîtier de 39,45 mm sur cuir noir surpiqué de violet, saphir antireflet, étanchéité de 20 bar : de quoi passer gués et averses sans y penser. Chez l'Alpinist, le vert forêt est la règle ; ce violet clair fait l'événement, jusque dans la surpiqûre du cuir.

La Presage Cocktail Time GMT HCB006J1 (6 000 exemplaires) met un cocktail au poignet : son radial soleillé violet transpose l'« Edo Murasaki », création du barman Hisashi Kishi, patron du STAR BAR de Ginza et ancien vainqueur du championnat du monde de l'International Bar Association. La recette reste gardée au STAR BAR ; la couleur, elle, se montre. Le calibre 4R34 est un GMT dit « caller » : la couronne règle l'aiguille 24 h dorée seule, sans toucher aux aiguilles principales, et vous gardez sous les yeux l'heure du correspondant que vous appelez à l'autre bout du monde. Comptez 41 heures de réserve, dans un boîtier acier de 40,5 mm, sous verre Hardlex.

La Seiko 5 Sports SKX HDB003K1 porte le plus gros tirage de la série, 9 999 exemplaires. Sa couronne décalée à 4 h descend des cinq critères fondateurs de la Seiko 5 de 1963 (jour et date, étanchéité, résistance aux chocs, remontage automatique, couronne dégagée), repris par la ligne Sports à sa naissance en 1968. Le calibre 4R36 tient une quarantaine d'heures et ajoute le jour à la date. Boîtier de 42,5 mm, lunette rotative noire, et un brossé soleil dont la lumière part du centre du cadran en rayons : le violet change avec l'angle du poignet, sous Hardlex bombé, au-dessus d'un fond transparent gravé « Limited Edition ».
Le versant quartz, du tachymètre au LCD

Le Prospex Speedtimer HBJ005P1 (8 000 exemplaires) se recharge à la lumière : son calibre V192 tient près de six mois à pleine charge et mesure le 1/5e de seconde jusqu'à 12 heures. Sa lunette aluminium noire et violette porte l'échelle tachymétrique, celle qui convertit un temps au kilomètre en vitesse moyenne ; la presse y reconnaît le dessin d'un Speedtimer des années 1960-1970. Le chronométrage est une vieille affaire chez Seiko : en 1964, la marque équipait les Jeux de Tokyo de 1 278 appareils et signait, la même année, le premier chronographe-bracelet japonais.
Le chronographe HGK003P1 décline l'exercice en esprit 1970 : boîtier satiné de 40 mm à lunette intégrée, cadran à fin motif quadrillé, compteurs argentés. Son calibre 8T63 mesure lui aussi le 1/5e de seconde jusqu'à 12 heures, sous saphir. Seiko le présente en édition limitée sans en chiffrer le tirage. La classique femme HGH004P1 joue la finesse : 29,6 mm de diamètre pour 6,19 mm d'épaisseur, une sveltesse que son quartz 6N01 autorise et que l'absence de guichet de date préserve. Chiffres romains, disque central strié, trotteuse dorée, saphir. Son tirage non plus n'est pas communiqué.

La digitale HFL001P1 (4 000 exemplaires) rejoue la « Rotocall » de 1982. Elle n'embarque aucun poussoir de navigation : sa lunette tournante à huit pans sélectionne les fonctions, de l'alarme au chronographe au 1/100e de seconde du calibre A824. Le principe a sa logique : une lunette se saisit à pleins doigts, y compris gantés, quand un poussoir demande de viser. Seiko crédite ce système d'avoir « révolutionné le changement de mode » et relie sa renommée à sa popularité auprès des astronautes ; la presse horlogère associe le modèle d'origine au programme de la navette spatiale. Un piège de photo à connaître : le violet habille la lunette aluminium, l'afficheur LCD reste gris, comme en 1982. Boîtier acier de 37 mm à revêtement noir « titane carboné », pile donnée pour trois ans, et une lignée maison derrière elle, du premier affichage LCD à six chiffres (1973) à l'UC-2000, un ordinateur de poignet dès 1984.
Par où commencer selon votre profil
- Une mécanique de tous les jours : la SKX, lisible, robuste, jour et date au cadran ; l'Alpinist si vos sorties quittent le bitume.
- Vous collectionnez : visez les petits tirages, l'Astron (2 000) puis la digitale (4 000).
- Un poignet fin : la classique femme et ses 29,6 mm d'abord, la digitale et ses 37 mm ensuite.
- L'amateur de vintage digital : la Rotocall, huit pans et LCD comme en 1982.
Ce que disent les tirages
De 9 999 exemplaires à 2 000, la série s'amincit d'une référence à l'autre. Lecture honnête : 9 999 exemplaires font une série commémorative large, le chiffre borne la production sans fabriquer de rareté. Qui cherche une édition (très) limitée ne s'arrête pas à la base de la pyramide ; il lit l'étagement qui définit son propre sommet. Le mérite de cette hiérarchie : elle est publique et chiffrée, référence par référence. Le Japon garde en plus deux Astron Nexter radio-pilotées à 500 exemplaires chacune, hors de notre marché.
Sur la SKX, la mention « Limited Edition » vit sur le fond transparent, qui laisse aussi voir le calibre 4R36. La gravure identifie l'édition au retournement de la montre et la distinguera d'une 5 Sports de production courante à des années de distance. La gravure laisse en revanche le tirage à 9 999 : un fond marqué dit l'appartenance à la série ; la rareté, elle, reste affaire de tirage. Quant au chronographe 1970 et à la classique femme, rien ne les place dans la pyramide ; l'absence de chiffre est une information en soi, et les acheter, c'est acheter le thème anniversaire sans rang dans la série mondiale.
L'Astron HAB011J1, sommet de la série

Deux mille exemplaires : la plus rare des six références mondiales. Le nom pèse son histoire : Astron désignait, le 25 décembre 1969, la première montre à quartz au monde, et Seiko l'a repris en 2012 pour la première solaire GPS. L'Astron GPS Solar HAB011J1 tient ce rang avec le calibre 5X83 : une pression, et la montre interroge les satellites pour caler l'heure et le fuseau ; entre deux synchronisations, la dérive reste contenue à ±15 secondes par mois. Son calendrier perpétuel est réglé jusqu'en 2100 : aucune correction de date à prévoir, fins de mois et années bissextiles comprises, avant cette échéance. Six mois d'autonomie à pleine charge, un chronographe au 1/20e de seconde, un second fuseau permanent.
À 43,3 mm, le choix du titane se comprend : l'alliage allège la montre là où l'acier se ferait sentir au quotidien, et son revêtement durci encaisse les frottements. Lunette et maillons centraux passent à la céramique noire, sous saphir. Quant au violet, c'est sur ce cadran qu'il est le plus travaillé : un dégradé vertical, barré de stries horizontales de largeurs inégales, « un ciel crépusculaire » selon Seiko. Réserve utile : le 5X83 est un quartz GPS-solaire, et l'amateur strict de mécanique regardera plutôt l'Alpinist et son 6R55 dans la collection Prospex. Pour les autres, la pyramide se referme exactement là où la technique culmine.
Vos questions
C'est quoi, le violet d'Edo ?
Une teinte de teinture prisée à Edo, l'actuelle Tokyo, à l'époque du même nom. Seiko la présente comme un lien entre les traditions d'Edo et le Tokyo moderne, et en fait la troisième couleur de son année des 145 ans, après l'or de février et le Seiko Blue de mai.
Combien d'exemplaires pour chaque modèle ?
Six tirages sont confirmés : 9 999 pour la Seiko 5 Sports SKX, 8 000 pour le Prospex Speedtimer, 7 000 pour la Prospex Alpinist, 6 000 pour la Presage Cocktail Time GMT, 4 000 pour la digitale et 2 000 pour l'Astron GPS Solar. Le chronographe 1970 et la classique femme sont bien des éditions limitées, mais Seiko n'a pas publié leur chiffre.
L'écran de la montre digitale est-il violet ?
Non. Le violet se trouve sur la lunette en aluminium à huit pans ; l'afficheur LCD reste gris, fidèle au modèle de 1982. Les libellés et le logo dorés assurent le raccord avec le reste de la série.
La Seiko 5 Sports SKX est-elle une vraie plongeuse ?
Elle en reprend les codes, couronne à 4 h et lunette rotative en tête. Son étanchéité de 10 bar la destine au quotidien et au sport, sans aller jusqu'à la plongée avec bouteille, et son verre Hardlex bombé est plus résistant aux chocs qu'un verre minéral standard.
Quelle différence entre les calibres 4R34 et 4R36 ?
Le 4R34 de la Presage ajoute un second fuseau : son aiguille 24 h se règle seule, sans dérégler l'heure locale. Le 4R36 de la SKX consacre son affichage au jour et à la date. Les deux tiennent environ 41 heures de réserve et disposent de l'arrêt de seconde pour une mise à l'heure exacte.
Quand ces éditions sortent-elles ?
Seiko a annoncé le lancement au Japon pour le 9 octobre 2026. Les huit références violettes se découvrent dès maintenant sur notre page Seiko.
L'avis de Daniel Gérard
Chez Daniel Gérard, revendeur officiel Seiko, nous voyons passer beaucoup d'éditions anniversaires ; celle-ci décline une même audace sur huit registres, du quartz habillé au GPS en titane, sans en sacrifier un seul. Notre conseil ne change pas : choisissez d'abord la famille qui correspond à votre usage (terrain, voyage, chronométrage, digitale, habillée), la couleur suivra. Notre préférence va à l'Astron HAB011J1, pour son cadran dégradé et ses 2 000 exemplaires. L'or de février a passé, le bleu de mai aussi ; le violet suivra avec l'année. La gravure d'un fond, elle, reste : dans quelques années, ce violet datera la pièce d'un regard. Reste un geste simple : choisir pendant que la série est ouverte.